MOUVIZ : Pouvez-vous
vous présenter ainsi que votre "équipe" ?
Cédric Hachard : Calico
est mon tout premier film, et je n'avais jamais touché une caméra auparavant.
Comme il s'agit de mon court-métrage de fin d'étude (datant de Juillet 2001
), beaucoup de membres de l'équipe fréquentaient la même école que moi, mais
nous étions également ouverts aux techniciens venant de l'extérieur.
Sans tous les citer, le film doit beaucoup à Sébastien Milhou ( lumière ),
Julien Bertholon & Sébastien Begue ( son ), Olivier Bartolomeo ( steadicam
), Maxime Redval & Blanche Remer (montage ), Yves Girard ( réglage des cascades
), Patrice Deceuninck (musique ), et bien sûr les comédiens, notamment Stéphane
Roux, Maïa Guéritte et Philippe Klein.
Six mois après la version étudiante du film, Calico a été remixé et retouché,
sous la bannière de Forge, notre propre structure de production.
MOUVIZ : Quelles
sont vos influences et inspirations ?
Cédric Hachard : Pour Calico, je
serais incapable de le dire...
Je ne suis pas un grand cinéphile et mes films ne s'inscrivent pas dans la
ligne éditoriale d'un grand projet cinématographique ou de je ne sais quoi…
Dans un film, j'apprécie surtout les mises en scène propres, bien découpées,
rythmées et scénographiées.
Les références qui me viennent à l'esprit peuvent aller de Steven Spielberg
à Ridley Scott, en passant par Michael Mann, Robert Zemeckis ou James Cameron…
des réalisateurs efficaces de films de genre.
MOUVIZ : Qu'est
ce qui vous a amené a vouloir réaliser ce film ?
Cédric Hachard : Ca peut sembler
bizarre, mais je n'aime pas le format court cinéma, qui tient souvent dans
sa chute.
Je pense qu'il y a moyen avec un court-métrage de faire démonstration d'une
ambiance, d'un récit à développer, et c'était exactement l'ambition de Calico
: faire un exercice de style d'un western classique dans un décorum français.
Pour un premier film, l'objectif était surtout de réaliser un film qui ait
un minimum de sens, et qui soit lisible du début jusqu'à la fin.
Dans ce sens, les personnages et certaines situations sont des archétypes,
dont le côté convenu a parfois déplu aux intégristes de l'originalité absolue
!
Mais ce choix est complètement assumé, car il permet de rendre le court-métrage
très accessible, et ça me parait essentiel pour un film de divertissement.
MOUVIZ : Quels
moyens ont été nécessaires à la réalisation de votre film ?
Cédric Hachard : Hormis
l'apport en pellicule et en matériel de l'école, le budget n'a pas dépassé
les 70 000 francs à la charge des étudiants.
Une des préoccupations majeure du film fut les repérages, puisqu'il fallait
trouver près de 7 décors en restant obligatoirement en Ile-de-France, ce qui
donne quelques situations atypiques.
Pour le château par exemple, on tournait les intérieurs et les extérieurs
à deux endroits distants de près de 150 km.
Pour la taverne, nous avions eu le droit d'utiliser un décor du film Vidocq
qui n'avait pas été démonté, aux sous-sols du château qui nous servait pour
les extérieurs… un grand coup de pouce.
La deuxième grosse exigence du film était les costumes, dont un stock énorme
nous avait été gracieusement prêté par France Costumes, de même que les armes…
une aide inestimable quand on pense à leur véritable coût de location !
La préparation s'est déroulée en moins de trois mois, repérages et casting
inclus, avec une équipe motivée et volontaire.
Si toutefois l'école n'était pas si inflexible sur son calendrier, un ou deux
mois supplémentaires nous auraient évité bien des erreurs dues à la précipitation
!
MOUVIZ : Comment s'est déroulé
le tournage ?
Cédric Hachard : Le tournage de
Calico est un souvenir épique ! Calico est synonyme de boue, de pluie, de
tempêtes, de froid…
Généralement, on tournait en troisième vitesse entre deux orages, avec des
comédiens frigorifiés.
C'était d'autant plus éprouvant que l'on tournait souvent sur des terrains
peu praticables et très éloignés de Paris.
Une rafale de vent a même emporté et broyé la tente régie, un camion est resté
embourbé dans la digue d'un étang, mais malgré tout, l'ambiance était au beau
fixe au sein de l'équipe ! J'adore quand on regarde le film et qu'on me dit
" wouah, vous avez eu beau temps ! "…
Le plus gros accro de tournage reste surtout un conséquent filage de pellicule,
dû à un magasin de caméra défectueux. Résultat : deux jours de tournages perdus,
que nous avons dû tourner de nouveau trois semaines plus tard, entièrement
à nos frais…
MOUVIZ : Etes-vous
entièrement satisfait du résultat final ?
Cédric Hachard : Non, malgré l'investissement
remarquable des comédiens et de l'équipe.
Personnellement, je suis surtout content d'avoir mené cette grosse entreprise
à son terme !
Par manque de temps et avec les difficultés de tournage rencontrées, on a
du couper beaucoup de plans, et ceux qui restent ne sont pas assez rythmés.
J'ai fait souvent de très mauvais choix dans la scénographie, très pesante,
et l'enchaînement du récit, car on dirait plus une bande-annonce qu'un film.
Il y a tout de même deux scènes qui sont réussies, mais le reste ne suit pas.
MOUVIZ : Cette
première expérience de réalisation vous encourage pour d'autres films ? Quels
sont vos projets ?
Cédric Hachard : En créant une
structure de production intitulée Forge, j'ai pu faire une bande démo en super
16 d'un film fantastique, pour lequel je recherche activement des financements.
Par ailleurs, j'ai été en 2002 directeur de production sur plusieurs courts-métrages,
et je suis disposé à occuper cette fonction de nouveau si l'occasion se présente.
Enfin, je prépare actuellement un nouveau court-métrage de 8-10 minutes, qui
sera résolument orienté action, dans une fin de 18eme siècle décalé, proche
de Calico.
Des croquis préparatoires sont d'ailleurs disponibles sur le site de Forge
: www.forge-prod.com, avec de nombreux téléchargements de films, d'affiches,
de photos, sur les différents films et bandes démos réalisés en 2002.
Merci à Cédric Hachard