Depuis quelques semaines maintenant, Mc Donald's diffuse en France une publicité qualifiée de gay-friendly.
L'idée du scénario est plutôt bien trouvée: un père évoque le sujet des conquêtes féminines avec son fils, sans savoir que celui-ci est homosexuel, par le biais d'une photo de classe où ne figurent que des garçons.
Cependant voilà : Valentin Mahé suspecte McDonald's de s'être inspiré de son court-métrage "Mathéo", sur l'histoire d'un jeune homo, pour concevoir sa fameuse publicité «gay».
"La ressemblance est plus que troublante. Au premier coup d'oeil, ça m'a fait sourire, mais très vite je me suis dit 'ce sont des gros voleurs!", nous raconte le jeune homme. "Ils auraient au moins pu me demander mon accord, ou celui de mon école".
"Ils", ce sont les publicitaires de Euro RSCG, une société spécialisée dans les métiers de la communication qui a réalisé ce spot pour Mc Donald's France. Cette société, Vincent la connaît bien: "Elle fait partie des cinq plus importantes agences de pub au niveau mondial", témoigne-t-il. S'y attaquer, "c'est perdu d'avance", estime le jeune réalisateur. "Ils ont tellement de pouvoir que ça ne servirait à rien. J'en ai discuté avec mes profs, j'ai évoqué l'idée d'un procès mais franchement, je n'en ai pas les moyens. Et puis, que ce soit contre Euro RSCG ou contre Mc Donald's, elles feraient tout pour faire traîner les choses. Très souvent, dans ce genre de conflits juridiques, les sociétés cherchent les erreurs de procédures. Du coup, ça peut durer très longtemps."
Mais il n'y a pas que l'aspect financier d'une procédure juridique qui décourage Valentin. Lui qui a terminé ses études supérieures de réalisation il y a un mois à peine cherche à présent du travail. "Si je porte un coup à Euro RSCG, ils peuvent saboter ma future carrière. Ces gens-là ont beaucoup de pouvoir et énormément de relations".
Le jeune homme a préparé sa contre-attaque: "Je vais leur envoyer une lettre avec plusieurs de mes productions et mon court-métrage dont ils se sont sûrement inspirés en leur disant 'la prochaine fois, pensez à moi directement, ce sera plus simple' Jouer la carte sarcastique, c'est tout ce qu'il me reste". S'il se sent floué, Vincent ne tombe pourtant pas des nues: "Le milieu de la pub est impitoyable, ce n'est pas nouveau".
Une seule consolation pour le jeune homme: "Si mon idée a été copiée, c'est qu'elle était bonne". Au final, Valentin estime que sa carrière commence "bien et mal à la fois: on m'a copié mais cela peut aussi être considéré comme une forme de reconnaissance".
Votre avis nous intéresse !
Visionnez le court-métrage et réagissez sur nos pages Facebook et Twitter.