Tendre portrait d’un loser, suite. Paris Shanghai débute en nous présentant Manu qui planifie et détaille, devant un couple de campagnards un peu interloqués, le long trajet à vélo qu’il entend effectuer. Au programme, selon lui, des rencontres, son blog et, surtout, beaucoup d’optimisme et de bonne volonté (la sienne et celle des habitants chez qui il trouvera, espère-t-il, le gîte et le couvert).
Durant quelques minutes, on pense avoir affaire au versant fiction d’un reportage miattendri, mi-condescendant à la sauce Strip-tease, voire à un épigone de ce cinéma des grands espaces parfois un peu crispant qui, de Bouli Lanners à Olivier Babinet en passant par Kervern et Delépine, scrute les sillons de la “lose” et s’y complaît parfois un peu trop. Mais, très vite, le film change de braquet, troquant le portrait attendu de l’idéaliste sportif incarné par Franc Bruneau contre un road movie immobile et empêché.
Article de Stéphane Kahn; A découvrir dans la petite collection du magazine Bref n°98.