C’est une formidable découverte que vient de faire Domenico Murdaca, cinéphile italien, en voulant réaliser en août dernier un reportage sur la salle de cinéma de son enfance à Palmi, petit ville de Calabre, inaugurée en 1930 et qui a fermé ses portes en 1979.
Parmis les nombreux débris de cette salle vouée à la destruction, Murdaca a découvert des mètres et des mètres de pellicules éparpillés à même le sol provenant d’un court-métrage du célèbre Roberto Rossellini (1906-1977) intitulé « Il Ruscello di Ripasottile » (Le Ruisseau de Ripasottile), qu’il adresse alors à la cinémathèque de Bologne.
Le directeur de cet établissement de renom, Gian Luca Farinelli, est un expert en films de patrimoine. Il prend aussitôt la mesure de cette découverte: ce court-métrage de 10 minutes, daté du 4 mai 1941, est un trésor que les filmographies de Rossellini rangent dans la catégorie "films perdus". Les pellicules, dont L'Express reproduit des images inédites, sont en mauvais état et peut-être incomplètes. Le laboratoire de la cinémathèque, doté d'équipements ultramodernes et d'une trentaine d'employés spécialisés, aura fort à faire pour les restaurer.
De nombreux films restent encore perdus de nos jours. « Sperduti nel buio » (Perdus dans l'obscurité, de Nino Martoglio, 1914), la première oeuvre réaliste du cinéma national, faisait partie de ceux saisis par les nazis, à Rome, en 1943, et transportés par camion vers l'Allemagne. Nul ne sait ce qu'ils sont devenus après la guerre. A moins qu'un jour, dans un cinéma désaffecté…
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