Avec J’aime regarder les filles, Frédéric Louf, qui fut sélectionné en compétition à Cannes pour son court métrage Les petits oiseaux (2000, 13 mn), réalise un premier long au titre un peu trompeur. Il semblerait en effet indiquer une tendance à la nostalgie que résumerait la fameuse chanson de Patrick Coutin, mais il n’en est rien…
Si le film s’enracine en mai 1981, c’est pour mieux poser le mensonge de son personnage principal : tombant amoureux d’une jeune bourgeoise croisée dans une fête, Primo lui cache ses origines modestes – son père est fleuriste – et se fait passer pour un fils à papa, dans un milieu hostile aux changements liés à l’arrivée de la gauche au pouvoir. La comédie douce-amère que le réalisateur tire de son scénario repose largement sur son héros, émouvant dans sa maladresse burlesque et à qui le jeune Pierre Niney de la Comédie-Française prête sa silhouette gauche (voir sa “chaplinesque” chaussure à la semelle décollée). Ce “roman” d’apprentissage se laisse voir sans déplaisir, même si l’on aurait aimé que la dimension politique double celle de la simple éducation sentimentale.
Découvrez l'article complet de Christophe Chauville dans le magazine Bref n°98.